Projet Ecole EROE

Une école qui respecte le développement naturel de l'enfant

Le 1er plan de développement

Nous proposons une éducation fondée sur les plans de développement de l’enfant mis en évidence par deux pédagogues du début du 20ème siècle, Maria Montessori et Rudolf Steiner, lesquels ont respectivement fondé les pédagogies Montessori et Waldorf, qui font leurs preuves depuis une centaine d’années environ.

Ainsi, le premier plan de développement se situe depuis la naissance jusqu’à l’âge de 6/7 ans lorsqu’apparaissent les dents définitives. C’est un temps de construction du corps physique (croissance, motricité, motricité fine) et l’apprentissage du petit enfant se fait par le principe de l’imitation. L’enfant apprend en faisant, et le leitmotiv de cette période pourrait être « apprends-moi à faire seul », comme le disait Maria Montessori.

Le 2e plan de développement

Le second plan de développement débute avec la seconde dentition et suffisamment de maturité psychique et sociale, qu’on appelait autrefois « l’âge de raison », situé vers 6/7 ans. L’enfant est alors prêt pour des enseignements plus formels, ce qu’on appelle classiquement l’école primaire.

Le second plan de développement se termine à la puberté, soit vers environ 13/14 ans. Le troisième plan de développement correspond à peu près à l’entrée du jeune au cycle d’orientation.

À noter que la transition entre deux plans de développement se réalise de façon progressive, avec des allers-retours entre les deux plans.

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pour les 3 à 6 ans

Le jardin d’enfants est la traduction en français du Kindergarten, qui est la forme d’éducation préscolaire en vigueur en Allemagne, où l’école devient obligatoire dès l’âge de 6 ans.

Notre jardin d’enfants accueille des enfants de 3 à 6 ans mélangés au sein d’une même classe.

  • L’enfant développe en premier lieu son corps physique, sa motricité et sa vitalité. Par conséquent, nous proposons de nombreuses activités de plein air où l’enfant va pouvoir exercer sa motricité en marchant, courant, jouant. Il développe ses sens par le contact avec la nature (les couleurs, le toucher, les sons, les senteurs, etc.). Le fait d’être souvent dehors permet à l’enfant de développer une bonne respiration, car les activités de plein air ouvrent les poumons. Cela garantit un développement sain de l’enfant, une bonne vigueur physique et la construction d’un capital santé pour la vie.
  • L’enfant de 3 à 6 ans doit pouvoir développer son imagination afin de devenir plus tard un adulte créateur. C’est pourquoi la jardinière d’enfants raconte des histoires et des contes inspirants aux enfants, afin que ceux-ci s’imprègnent des histoires et les recréent par leur imagination.
  • Un temps est réservé dans la journée au jeu libre afin que l’enfant puisse vivre l’histoire qu’il a entendue et dont il est devenu le héros ! Au cours de ce temps de jeu libre, qui se déroule préférentiellement dehors, l’enfant crée ses propres jouets avec des branches ou des planches de bois de dimension adaptée, ainsi il développe sa créativité et peut vivre les aventures de son héros ou de son héroïne. L’enfant, en vivant son combat imaginaire contre les forces d’obstacle renforce son courage, sa confiance, et même son système immunitaire !
  • Les pratiques rythmiques de paroles, chant et mouvement que nous offrons (chansons enfantines, comptines, rondes, jeux de mouvement, déplacements, initiation musicale) permettent aux enfants de développer leur motricité, leur voix parlée et chantée, le sens du rythme et de la musique).
  • Les activités manuelles permettent à l’enfant de développer sa motricité fine et sa coordination (agilité et précision des mains) : par exemple, fabriquer du pain, découper des formes dans du papier ou du carton, modeler l’argile…
  • L’organisation spatiale de la classe, l’emploi du temps bien rythmé, l’attitude bienveillante de la jardinière et l’absence de comparaison entre les enfants favorisent le sentiment de sécurité, le développement de la confiance, la vie sociale et la bonne entente.

Dès 4 ans, l’enfant entre légalement dans l’âge scolaire. Par conséquent, les deux dernières années du jardin d’enfants correspondent aux niveaux 1P et 2P du cycle primaire Harmos. Le développement de l’enfant au jardin d’enfants répond aux exigences du plan d’études romand (PER). Les notions d’organisation spatiale (devant, derrière, à gauche, à droite), de numération ou de lecture de mots par exemple sont naturellement amenées lors de situations concrètes. Le référentiel du cycle 1 est ainsi parcouru de façon vivante.

pour les 6 à 12 ans

A partir de critères physiologiques et psychologiques, la jardinière d’enfants observe la croissance de l’enfant et peut déterminer s’il a la maturité pour entrer dans le cycle des 6 à 12 ans. Le critère physiologique majeur est la perte des dents de lait et l’apparition des dents définitives. Les critères psychologiques sont une certaine maturité intellectuelle et sociale.

L’enfant entre alors dans le cycle de l’école primaire avec une éducation plus formelle, organisée en matières. A cet âge, il sort de son petit cocon et veut découvrir le monde.

L’univers Montessori va lui permettre d’explorer ce monde à l’aide de ses sens, de son expérience, de sa pensée. Le leitmotiv de cette période de développement pourrait être « Apprends-moi à penser seul ».

La connaissance

La classe Montessori est répartie spatialement en différents univers clairement répartis : Langage, mathématiques, géométrie, histoire, géographie, sciences naturelles (botanique, zoologie), arts visuels, musique.

Chaque matière est abordée à l’aide d’histoires, pour passionner les petits enfants désireux de découvrir le monde. En effet, à cet âge, ils peuvent commencer à se sentir « citoyens du monde » et vouloir entrer dans la grande aventure de l’humanité.

En quelque sorte, chaque matière devient histoire, car en effet tout a une histoire : celle du langage, celle de la numération, celle de la géographie, celle de l’histoire évidemment, et aussi celle de l’homme.

Ces « grandes histoires » posent le décor et peuvent donner envie à l’enfant d’entrer dans la connaissance de ces histoires. Dès lors que l’intérêt est là, l’enfant apprend.

L’enseignement est individualisé et se passe de la façon suivante : pour chaque matière, l’enseignant regroupe quelques enfants volontaires (de 2 à 4 environ) et leur fait une courte présentation d’une durée de 10-15 minutes à l’aide d’un matériel pédagogique à base sensorielle. Ensuite, l’enfant ou les enfants peuvent refaire la présentation, ou exprimer une créativité suite à cette présentation. Il existe aussi des livrets accessibles aux enfants qui rappellent le vocabulaire et les notions associées (ex : livret sur les angles, sur les fractions, etc.). Chaque matière a ainsi une suite de présentations qui permettent d’aborder tout le programme du cycle primaire sur une base d’auto-apprentissage et d’auto-correction. Le matériel sensoriel permet à l’enfant d’apprendre d’abord avec les mains et les yeux, avant de passer au support papier. L’enfant peut ainsi refaire 10 fois une présentation s’il le souhaite, jusqu’à ce qu’il estime que c’est suffisant pour lui. L’éducateur et l’assistant restent en retrait et interviennent uniquement en cas de demande, pour favoriser l’autonomie d’apprentissage. En fait, il s’agit de donner la nourriture nécessaire et suffisante à l’enfant pour lui laisser vivre son expérience.

L’enfant peut aussi décider de construire son matériel d’apprentissage, s’il le souhaite.

L’enfant choisit les activités qu’il veut réaliser dans sa journée, et il faut lui permettre de faire ses choix. L’enseignant propose des présentations qu’il doit réaliser de façon vivante et stimulante pour susciter l’intérêt de l’enfant, mais ne lui impose rien après.

Chaque univers (matière) est disponible en accès-libre, sous réserve de remettre à la fin le matériel bien rangé.

Les enfants de cet âge aiment se regrouper et travailler ensemble. C’est pourquoi il existe plein d’endroits dans la classe où les enfants peuvent se regrouper : par terre (avec de petits tapis), ou sur des tables de différentes hauteurs, en fonction des âges. La classe Montessori ne donne donc pas l’impression d’être une classe mais plutôt d’être un regroupement en un lieu d’enfants occupés à différentes activités.

La nature

Un des objectifs de l’école Eroe est de permettre aux enfants d’intégrer la nature dans leur apprentissage. L’observation de celle-ci leur permet de mettre en pratique les concepts abordés en classe, ou de les introduire. La numération devient ainsi évidente quand on observe les pétales de fleurs. Le vocabulaire s’enrichit quand on nomme différentes plantes, petits insectes ou oiseaux : on fait alors à la fois de la botanique, de la zoologie et du langage.

La pratique du jardinage, sous forme volontaire, permet d’observer le rythme des saisons à travers la métamorphose des plantes : la petite graine devient une tige avec des feuilles, les fleurs apparaissent puis les fruits, qui donnent eux-mêmes des graines. La notion de cycle est ainsi abordée de façon vivante, et non pas simplement livresque.

Les arts

La pratique des arts permet de développer la coordination fine, la sensibilité, la persévérance, le goût de l’harmonie et favorise les bonnes relations sociales. D’autre part, chaque matière peut être vue sous un angle artistique, ce qui lui apporte un intérêt supplémentaire : l’enfant utilise le langage pour faire de la poésie, écrire une histoire, un souvenir, un conte. L’utilisation progressive de la règle, du compas, de l’équerre permet de réaliser différents dessins géométriques harmonieux : les mathématiques et la géométrie prouvent alors leur beauté. Le dessin des animaux ou des plantes permettent d’illustrer les travaux en sciences naturelles, sous forme de carnets de croquis. Le chant permet de développer l’expression orale de façon remarquable, pour apprendre à s’exprimer en public. Le modelage à l’argile permet de s’approprier les volume géométriques. Bref, chaque matière devient passionnante grâce à la dimension artistique et permet d’intégrer les connaissances.

La relation

Selon nous, quand l’enfant reçoit la bonne nourriture, il s’apaise. Pourquoi ? Tout simplement parce que chaque enfant possède son propre plan de développement et souhaite l’accomplir. C’est quand ce plan est contrarié que les problèmes surgissent. Par conséquent, notre stratégie est surtout d’offrir aux enfant les meilleures conditions d’apprentissage : une bonne organisation spatiale de la classe, des matériaux naturels, un bel environnement de nature, des éducateurs qualifiés, passionnés et bienveillants, une organisation de la journée et de l’année bien rythmée, et une pédagogie stimulante et individualisée où l’enfant apprend par son expérience.

Un conseil de classe avec l’éducateur et les enfants est créé, et chaque enfant peut s’y exprimer librement. Les enfants apprennent à écouter le point de vue des autres, à régler les problématiques collectivement, à proposer des innovations, etc.

En cas de problème entre deux enfants, l’éducateur joue d’abord le rôle de médiateur, jusqu’à confier le rôle à des enfants volontaires. Une nouvelle fois, le but pour l’enfant est d’être capable de s’ouvrir au point de vue de l’autre tout en exprimant le sien, et de trouver une solution équilibrée

Le but est de créer progressivement une classe autogérée où chaque enfant se sent responsable de son développement et de l’harmonie dans la classe, qui devient un véritable laboratoire d’apprentissage de la vie en société.

Le principe de la classe autogérée est le fruit des expériences de Donna Goertz, qui a fondé il y a plus de 50 ans une école Montessori de référence à Austin, au Texas.

L’école Montessori de 6 à 12 ans correspond aux classes 3P, 4P, 5P, 6P, 7P et 8P du cycle Harmos.

Le référentiel Montessori 6-12 couvre les exigences du plan d’études romand (PER) pour le cycle primaire. Les enfants apprennent aussi à se préparer dans la joie aux épreuves cantonales de référence (ECR) ayant lieu en fin de 4P (français), 6P (français et mathématiques) et 8P (français, mathématiques et allemand).

pour les parents

Une collaboration avec l’équipe enseignante

Il nous paraît évident que les parents qui nous confient leur(s) enfant(s) ont leur mot à dire, car ils sont les premiers maillons de l’équipe éducative. Parents et éducateurs doivent agir de concert, pour réaliser une belle symphonie éducative.

Aujourd’hui, les parent s’intéressent de près à l’éducation de leurs enfants, et ils disposent pour cela de nombreux livres et manuels pratiques. Au sein de l’école, nous considérons les parents comme des collaborateurs actifs à l’éducation des enfants – sur un plan d’égalité. Les parents volontaires peuvent participer à l’élaboration des fêtes saisonnières, à l’aménagement du jardin, au jardinage lui-même ou apporter leurs compétences professionnelles spécifiques.

Le plus important est que la collaboration entre l’équipe pédagogique et les parents soit harmonieuse, et donc qu’il y ait des rencontres régulières pour faire le point et adapter la pratique pédagogique. Ces rencontres régulières sont de deux natures : tout d’abord, il nous semble important de proposer des réunions d’informations aux parents avant l’inscription de leur(s) enfant(s) à l’école, afin d’être d’accord sur les principes pédagogiques mis en place. D’autres réunions, sur des thèmes précis, permettent ensuite d’affiner la compréhension de ces principes pédagogiques. Ces rencontres régulières créent la confiance, et cela est très bénéfique pour le bon développement de l’enfant. Des rencontres plus personnelles, concernant chaque enfant, sont organisées régulièrement entre éducateurs et parents, pour faire le point, valider les progrès, chercher des solutions aux éventuelles difficultés. Une nouvelle fois, une collaboration parents-éducateurs sur un plan d’égalité donne de bons fruits.